Quoi
de neuf en alimentation des petits
ruminants ?
Les connaissances
récentes, orientations de recherches et perspectives d’application
La réunion du Sous - Réseau FAO
- CIHEAM sur la nutrition des brebis et des chèvres s’est déroulée à
Grignon du 3 au 5 septembre dernier. Les travaux présentés permettent de faire
un tour d’horizon complet de l’évolution des recherches en matière de nutrition
dans le secteur. Les 3 sessions étaient consacrées respectivement à
l’ingestion, à la digestion et au métabolisme, à l’effet de la nutrition sur la
qualité de la viande, du lait et des fibres et enfin à l’utilisation des terres
de parcours et des pâtures en conditions difficiles.
L’objectif de cette synthèse est de présenter les résultats et
orientations qui paraissent les plus importants tant en termes de perspective
future que d’application concrète dans les élevages.
Les produits issus de
l'élevage des brebis et des chèvres véhiculent une forte image naturelle auprès
des consommateurs des pays développés alors que l’évolution récente a vu se
développer des formes d’élevage très
maîtrisées dans lesquelles l’objectif est de maximiser le potentiel génétique
animal et la valeur nutritionnelle des
aliments par un ajustement le plus rigoureux possible des rations alimentaires
avec les besoins des animaux.
Par ailleurs, les brebis et
des chèvres restent dans la plupart des régions du pourtour méditerranéen les
principaux utilisateurs des espaces pastoraux avec des systèmes de conduite
alimentaire dont les objectifs de production sont adaptés à des ressources
fourragères fluctuantes en quantité et en qualité au cours de l’année.
Maximiser l'utilisation des fourrages et en particulier le pâturage est donc devenu une
priorité à la fois pour des raisons économiques de réduction des coûts de
production mais aussi pour accompagner les démarches de qualification et de
valorisation des produits. L’élevage
des petits ruminants dans les zones pastorales n’a pas seulement un rôle
environnemental et de gestion de l’espace; dans les pays de la rive sud de la
Méditerranée, il est vital pour leur autosuffisance alimentaire en lait et en
viande de valoriser toutes les ressources fourragères disponibles et
d’augmenter les volumes produits.
Les recherches mettent ainsi
l’accent sur une meilleure connaissance des relations entre les
caractéristiques des fourrages, leur sélection et leur ingestion par l’animal,
de la réponse de l ’animal ou du troupeau au niveau qualitatif et
quantitatif, ainsi que sur la gestion des systèmes au pâturage.
Par la connaissance précise
des mécanismes complexes de régulation
du processus de satiété chez les ovins et les caprins, il est possible de
présenter des modèles de décision des activités d’ingestion et rumination qui
pourront contribuer à mieux prévoir les comportements alimentaires. Les possibilités de valorisation des parcours
et patures dans les zones difficiles donnent lieux à plusieurs propositions
et orientations.
L’alimentation permet
d’agir sur la composition du lait et on connait mieux aujourd’hui
l’influence de l’apport d’énergie et de protéines sur la matière grasse, la
matière protéique et la production de lait des brebis et des chèvres. Des
investigations plus fines permettent d’influer sur la composition du lait en
Acides Gras, sur les flaveurs et sur les autres constrituants chimiques.
Une approche intéressante de
SINEZIO et al. étudie l’influence
relative de l’alimentation sur les caractéristiques sensorielles de fromages de
brebis (Pecorino) affiné 5 à 6 mois et de fromages de chèvre affiné 40 jours
comparée à l’utilisation de lait thermisé ou non. Même si cette expérience est
trop isolée pour en tirer des conclusions générales, on constate que la
thermisation influence significativement les caractéristiques sensorielles des
fromages, même après 6 mois d’affinage alors que l’effet d’une ration
alimentaire plus ou moins riche en sel est difficile à prouver.
Les travaux sur la maitrise
et l ’amélioration de la qualité des viandes d’abord mais aussi des fibres
sont de plux en plus nombreux. La nutrition est une des facteurs de production
qui interagissent sur la composition quantitative des viandes en particulier au
niveau des tissus adipeux.
Ce séminaire a par ailleurs mis en lumière la limite des protocoles
expérimentaux analytiques et mono-factoriels pour comprendre, décrire,
anticiper et généraliser des phénomènes complexes comme l’ingestion, le
comportement alimentaire, voire même la qualité des productions. Plusieurs
intervenants ont souhaité qu’à l’avenir, la réponse de l’animal in vivo et en
condition pratique au sein du troupeau soit privilégiée.
Jean - Paul DUBEUF
avec les conseils et suggestions de Pierre MORAND-FEHR
Les
mécanismes de régulation de l’ingestion et des processus de satiété .
La
valorisation des parcours et patures dans les zones difficiles
Le comportement alimentaire
des ruminants a été étudié depuis de nombreuses années mais les mécanismes de
régulation du processus de satiété chez le mouton ou la chèvre étaient moins
connus.
1. Quels sont les
déterminants de la décision de consommer du fourrage chez les chèvres et les
brebis?
¨ Au pâturage comme en
bergerie, la capacité du rumen et son
remplissage sont les premiers facteurs intervenant sur l’ingestion:
1 kg d’aliments indigestibles dans le rumen diminue en moyenne
l’ingestion de 0,6 kg de M.S.
Au cours des
repas principaux, la concentration en Acides Gras Volatiles augmente rapidement
par dégradation des parties solubles, provoquant ainsi une augmentation de la
pression osmotique du rumen et une baisse du
pH qui diminue l’ingestion.
Les signaux qui
contribuent aux processus de satiété correspondent à des phénomènes adaptatifs
que l’on retrouve aussi sur la régulation de l ’apport en chlorure de
sodium observé chez la chèvre.
¨ D’autres facteurs comme l’apprentissage, la reconnaissance
sensorielle et un comportement hédonique
expliquent aussi l’ingestion du fourrage; ainsi les petits ruminants
sont très sensibles à la taille des particules des concentrés et les repas avec
un grand pourcentage de particules de moins de 0, 5 mm sont nettement moins
bien consommés. Il paraît difficile
d'individualiser différents facteurs tels que l’humidité de la ration, l’appétence des concentrés, la satisfaction
des besoins nutritifs et les conditions de distribution des aliments par rapport
à l'effet global des composés odorifères. Ces facteurs agissent par ailleurs assez souvent avec un effet de
seuil
Fedele et al par exemple, estiment que les chèvres adaptent le choix de leur
alimentation qui s’équilibre en fonction
de leurs besoins. Les résultats expérimentaux présentés confirment d’abord
l’intérêt de fournir une ration diversifiée comme l'est le pâturage.
Avec une alimentation à
l'auge, très concentrée, l'ingestion totale des chèvres augmenterait au cours
des repas secondaires avec une diminution de la durée et de l'ingestion au
cours des repas principeaux ce qui confirme l'intérêt de multiplier les repas
avec ce type de ration
Pour prévoir de manière plus
précise l’ingestion par les petits ruminants, la modélisation peut être
un outil de contrôle intéressant des connaissances disponibles comme le montre
le modèle présenté par Sauvant en 1996 (voir tableau en annexe). Mais en
situation d'élevage, un tel modèle pourrait aussi identifier le facteur
limitant primaire à une bonne alimentation et donc permettre une plus grande
pertinence des conseils aux éleveurs.
2. Connaitre le
comportement des petits ruminants au pâturage pour mieux le valoriser.
La stimulation de
l’ingestion est un élément clé du processus d’organisation des pâturages sur
parcours et prairies naturelles très hétérogènes sur le plan floristique
quantitatif et qualitatif.
Pour décrire le comportement
de l’animal au pâturage, dans la théorie de l’Affouragement optimal on considère que les fourrages permettent avant tout de maximiser
ses fonctions de reproduction. L’animal choisit un site où paturer dans lequel
l’ingestion instantannée augmente jusqu’à un certain niveau de satisfaction à
partir duquel elle décroit puis il choisit un nouveau site, etc...
Le concept de satisfaction
de l’animal a souvent été réduit pour des raisons pratiques à l’ingestion à
court terme. Or la disponibilité totale en herbe, l’abondance relative des
espèces préférées et leur distribution spatiale développent des comportements
stratégiques et adaptatifs divers parmi lesquels l’expérience a une grande
place : augmentation de la vitesse de déplacement, modification du temps global
de pâturage, ...
Compte tenu de la complexité
des mécanismes et la diversité des situation, il parait utile que des
références plus nombreuses sur le comportement de l’animal et du troupeau au
paturage facilitent la maîtrise de l’alimentation dans les systèmes au
pâturage.
Dans la zone
méditerranéenne, les parcours et les
pâtures correspondent le plus souvent à des zones difficiles peu aptes à la
culture. Elles se caractérisent par des formations végétales très diverses
depuis le maquis fermé composé essentiellement d’arbres et de buissons denses
(notions de “ désert vert ”) jusqu’aux parcours
herbacés composés d’une grand nombre de graminées, légumineuse, et autres
dicotylédones annuelles ou pérennes en passant par tous les stades
intermédiaires plus ou moins dégradées. Ces terres de parcours sont complexes à
valoriser et très fréquemment la pâture est complétée par des quantités élevées
de concentrés ; il est avancé que la contribution du pâturage à la ration
est probablement inférieure à 30% dans de nombreuses régions. Plusieurs pistes peuvent
contribuer à apporter des réponses pour améliorer cette valorisation
Une de celles ci s'appuie
sur la mise au point d' outils d’aide à la décision qui permettent au berger de construire la valeur pastorale
de son parcours. Par exemple, le modèle du Menu représente les différentes
séquences d’un circuit de paturage pour toujours restimuler l’appetit du
troupeau et sa motivation à consommer. Une bonne gestion des
ressources par le berger permettrait ainsi à un taillis de chène très fermé
dans le Sud de la France de couvrir 80 % des besoins alimentaires totaux d’un
troupeau de chèvres à haut niveau de production (750 l par lactation) en milieu
de lactation . Les méthodes de gestion
du pâturage et d’aide à la décision n’ont pas donner lieu à de nombreuses
communications au cours de ce séminaire.
3. Des
innovations pour améliorer l’utilisation des parcours et la gestion du pâturage
en zone difficile.
Pour utiliser les parcours
tout en réduisant les couts de production, associer
des cultures de graminées ou de légumineuses paturées par le troupeau
pourrait permettre la complémentation en céréales.
En Sardaigne, dans des
conditions semi intensives, le pâturage d’une légumineuse annuelle, le sulla (hedysarum coronarum L. ) associé avec le
pâturage de Ray Grass annuel à auto
réensemencement a un effet positif sur la production laitière. Le passage
successif du troupeau dans le Sulla et le Ray Grass évite le surpaturage sans
pénaliser la production par rapport à un pâturage simultané sur les deux
parcelles. De tels systèmes pourraient améliorer la valorisation fourragère
dans le nord de la Sardaigne.
De même dans le sud de la
France, une culture pâturée de trèfle souterrain peut restaurer la condition
corporelle de brebis allaitantes sur parcours au début du printemps ou avant la
montée en transhumance.
L’utilisation du polyéthylène glycol (P.E.G.) pour inhiber l'effet des
tanins.
Les fourrages des parcours
méditerranéens et de nombreux sous produits sont également très riches en tannins qui réduisent l’ingestion et la
digestibilité des fourrages. Avec des teneurs très élevées, Ils peuvent
interagir négativement avec l’utilisation des concentrés. une attention toute
particulière a été portée sur les innovations à proposer pour réduire l’effet
des tannins : le rapport principal du séminaire consacré à l’utilisation des
parcours insiste largement sur l’utilisation du polyéthylène glycol (P.E.G.)
pour inniber l’action dépressive des tannins et 5 communications ou posters ont été consacrés à ce sujet. Le
P.E.G. peut être distribué directement aux animaux avec le concentré, pulvérisé
sur la pâture ou incorporé dans la boisson. Une distribution une seule fois par
jour semble suffisant.
Avec 10% de tannin dans des
rations à 6,5% de protéines, Silanikove et al (1996) estime que 10 g de P.E.G.
dont le coût en Israèl est de 0,09 US $, permettrait le meilleur rapport cout
bénéfice.
En Sardaigne, la composition
botanique moyenne de la ration de chèvres sur parcours de maquis serait
composée de 28% d’herbacées et de 78% d’espèces ligneuses. La teneur en tanin,
élevée, est comprise entre 6 et 8% pour
9 à 11 % de protéine brute. Avec des espèces très
riches en tannins comme Pistacia lentiscus, la distribution de 50g/jour/chèvre
de P.E.G. 4000 permet de neutraliser l’effet négatif des tannins sur la
digestion protéique.
L’utilisation de P.E.G. est
donc une des voies d’amélioration de l’utilisation des parcours possible. Elle
ne peut toutefois pas constituer une solution miracle et son coût reste élevé
pour de nombreuses régions.
Les troupeaux pâturent souvent des surfaces très étendues
ce qui constitue un frein à la mise en oeuvre de la complémentation. Des
solutions pratiquent de réalisation à la ferme de blocs solides aglomérés comme
forme de complémentation sont également proposées.
L’utilisation de sous produits de l’oléiculture
Dans de nombreuses régions,
l’oléiculture fournit des sous produits
qui présentent une valeur alimentaire intéressante qui pourrait être distribuée
en complément du pâturage. En Andalousie, les nouvelles technologies d’extraction
de l’huile d’olive produisent un sous produit, “ l ’alpujero ”
très riche en lignocellulose et en composés phénoliques et en tannins (9,78% de la Matière sèche).
L’incorporation de 20% de P. E. G. 4000 dans le sous produit améliorerait
sensiblement sa digestibilité ce qui pourrait le rendre utilisable en élevage
caprin.
A Chypre, la pâte d’olive
cru présente une valeur alimentaire supérieure et pourrait remplacer
partiellement des fourrages grossiers traditionnels. Très sensible au
rancissement, il ne peut être utilisé sous forme de blocs de concentrés en
raison de l’humidité présente pendant l’hiver dans les régions
méditerranéennes. Sa conservation sous forme d’ensilage donne des résultats
satisfaisants et son utilisation jusqu’à concurrence de 15 à 20% de la ration
serait rentable au dessous d’un cours
du sous produit de 6 à 10 U.S.$/tonne.
L'influence
de l'alimentation sur la composition chimique du lait
1 - Chez la brebis laitière
:
Une connaissance plus précise de l'effet de l' 'alimentation
sur la composition chimique du lait de brebis permet un meilleur pilotage du
rationnement vis à vis des exigences de la transformation.
· Influence
du niveau énergétique de la ration
· Pour
les principaux systèmes de production "ovins lait" intensifs, qui ont
une productivité laitière élevée supérieure à 180/200 litres par lactation,
l'alimentation est généralement de bonne qualité et l'équilibre énergétique est
atteint quelques semaines après le sevrage
Le niveau énergétique de la ration a un effet
négatif sur le taux de Matière grasse du lait.
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1UFL par jour - 12,2 g M.G./litre de lait
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Leger effet positif sur
|
|
la composition protéique et en caséine du lait.
|
Pour
les autres systèmes, en absence de résultats spécifiques, ces conclusions
doivent être interprétées avec prudence.
· Dans les systèmes extensifs
ou semi extensifs, les troupeaux sont soumis à des périodes de sous nutrition.
Un déséquilibre énergétique conduit à une baisse de
la production laitière corrélée à une augmentation de la composition du lait en
matière grasse et à une baisse du taux protéique.
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-1 l de lait + 4,9 à 6,3 g/l
|
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effet
négatif sur
|
|
la composition protéique
du lait.
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|
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L'effet de la sous nutrition est surtout décelable
en début de lactation avec des productions qui peuvent chuter de 31% et des
taux de Matière grasse augmenter de 9,6
à 16 g/litre sans effet sur le T.P..
Ces
résultats ne sont pas applicables chez la chèvre.
· Influence
du niveau protéique de la ration
Les changements trop brutaux de conduite alimentaire
ont un effet négatif sur les taux. Il
est nécessaire de soigner les transitions en période de changement de ration.
Les rations trop riches en protéine ont un effet positif immédiat sur la
quantité de lait produit mais dépressif sur le taux protéique vrai
(rendement fromager) du lait jusquà 19% de protéine brute dans la ration.
Une concentration protéique
élevée de la ration conduit à des taux d'urée dans le lait élevé qui varient
alors entre 16 et 27 g/litre. Les valeurs les plus élevées et supérieures à 16
mg/jour sont observées en particulier dans des situation de pâturage de
printemps et peuvent conduire à des pertes embryonnaires. Quand la ration est
composé de + de 16% de Protéine brute dans la ration en mileu de
lactation, des phénomènes comparables
sont observés.
Ces
résultats concernent la brebis laitière en systèmes à fort niveau de production.
Pour la chèvre dans des conditions d'élevage en zones difficiles sur parcours,
des phénomènes d'adaptation conduisent à des taux d'urée élevés sans incidence
métabolique ou de santé.
· Effet d'une forte proportion
(>60%) de concentré dans la ration sur la composition chimique du lait.
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Race
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Gras
|
Protéine
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Awassi
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- 28g/l
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-2g/l
|
|
Assaf
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-6g/l
|
+1g/l
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· Stratégies d'alimentation de
groupe :
De telles stratégies sont basées sur un groupe de
brebis aux performances similaires et souvent ajustées sur les niveaux de
production les plus élevés du groupe . Les excès énergétiques et protéiques
peuvent atteindre 10 % et 30% respectivement par rapport aux besoins du niveau moyen du groupe. Les travaux de Bocquier
et al (1995) en race lacaune suggèrent qu'en constituant des lots selon la production laitière, une économie
de concentrés serait réalisée en favorisant l'état corporel du groupe des
faibles productrices, tout en
améliorant légèrement le niveau moyen de production.
· Effets des Matières grasses
et des Acides aminés protégés.
L'intérêt pour l'utilisation
d'Acides Aminés et de Matières grasses protégées est une orientation prise
depuis plusieurs années dans le secteur bovin lait.
L'utilisation de Matières
grasses protégées sous forme de savons de calcium d'Acides Gras à longue
chaine (C.S.F.A) donnent des résultats contradictoires selon les
expériences .
Une supplémentation en
C.S.F.A. augmenterait plutot le taux de Matière grasse du lait et son taux
d'extrait sec mais aurait un effet négatif sur le taux de protéine.
L'efficacité serait plus
forte avec des brebis allaitantes qu'avec des brebis traites et les quantités
recommandées sont d'environ 120 et 70 g/ jour respectivement. La composition du
lait en Acide gras est modifiée par cette suplémentation mais les différences
ne sont pas significatives. Il convient donc de rester prudent vis à vis de ce
type de concentrés qui exigent une grande technicité..
Une supplémentation avec des graines
d'oléagineux entières tendrait à améliorer le taux de matière grasse et la
production laitière mais réduirait le taux de caseine du lait.
Une supplémentation de 3
à 6 g/ljour de Méthionine protégée conduirait à améliorer le taux protéique
du lait si l'équilibre de la ration est assuré à 117- 120% des besoins
énergétiques et 120 - 140% des besoins
protéiques. L'effet serait meilleur avec une ration à base d 'ensilage
qu'avec du foin ce qui est comparable aux observations faites chez les bovins.
2 - Chez la chèvre laitière
:
· Inversion des taux
L'évolution des systèmes
d'alimentation caprine en France en race Alpine et Saanen conduit à observer de plus en plus souvent
le phénomène "d'inversion des taux" : Entre 4 - 5 mois de lactation
et 7- 8 mois le taux de M.G. peut être inférieur au taux de M.P. ce qui
pénalise la qualité (onctuosité et goùt de chèvre) et la fromageabilité des
laits. Il semble que le
phénomène, complexe soit le résultat d'une interaction entre le niveau de
production laitière, le déficit en fibres longues dans la ration et la
présentation physique de la luzerne
deshydratée (nouveaux produits non broyés avec 70 à 80 % de fibres
efficaces) : le facteur déclenchant essentiel serait le % de fourrages avec des
animaux à fort potentiel recevant une luzerne de bonne qualité. Dans le cas de rations à faible % de
fourrages, le facteur déclenchant l'inversion
serait plutôt la qualité de la luzerne.
De tels résultats confirment
l'importance d'un raisonnement global de la ration en qualité et en quantité
par rapport aux objectifs de production.
· Perspectives d'amélioration
de la complémentation .
Le choix du meilleur type de
complémentation préoccupe les éleveurs à haut niveau de production. Avec une
ration à base de foin à volonté, la comparaison d' une complémentation de 2,2
kg de Matière Sèche à base de
Concentré, de luzerne deshydratée ou d'un mélange des des deux compléments
montre qu'avec des chèvres laitières de race Alpine et en absence de trouble
métabolique le rendement énergétique serait meilleur avec une complémentation à
base de concentrés mais il existe une forte interaction entre la qualité de la
ration, le potentiel de production des chèvres et les taux de Matière protéique
et de Matière grasse.
Les recherches en nutrition
caprine exploirent également les voies possibles pour orienter la composition
chimique du lait dans un sens plus favorable à sa valorisation sur le plan
diététique en particulier concernant les Acides gras.
La forte proportion de
Trigycérides à Chaine Moyenne (MCT) dans le lait de chèvre est un facteur
négatif sur le plan diététique. Afin d'obtenir une proportion d'acides gras poly-insaturés à longue chaine (PUFA) plus
élevée une expérience a été
conduite en Andalousie avec des chèvres laières
Murciana Granadina au cours de laquelle a été distribuée une supplémentation avec 9% de Matière grasse protégée contenant
14% de PUFA. Les résultats permettent de
conclure à l'effet positif de cette supplémentation sur le taux de PUFA du
lait.
Aucune apllication pratique
de cette expérience n'est envisageable à court terme (les Acides gras ne sont
pas analysés en routine) mais elle ouvre des perspectives intéressantes.
Sans recourir à des
additifs, la composition en acides gras du lait pourrait vraisemblablement être
orientée favorablement en agissant sur le type de fourrage et la proportion de
concentrés.