Recherche documentaire réalisée par
Véronique Lepidi, Jean-Paul
Dubeuf
Sommaire
:
1) Qu’est ce la fièvre catarrhale?
2)Prévention et traitement
3) Un constat général : la propagation alarmante des maladies animales
4) Les pays touchés par la fièvre catarrhale
5) Des informations sur le moustique vecteur de la maladie
Les informations présentées dans ce
document n'ont donné lieu à aucune interprétation de la part du CIRVAL
1) la Fièvre catarrhale du Mouton ou "maladie
de la langue bleue- blue tongue"
C'est
une maladie virale, non contagieuse du mouton et des autres ruminants,
se manifestant par une forme subclinique ou aiguë.
Cette
maladie est transmise par des diptères ressemblant à des moustiques (Culicoides
spp.) qui sont les hôtes les plus fréquents mais on le signale aussi dans
certains arthropodes comme Melophagus ovinus, Aedes lineatopennis, Tabanus
spp Stomoxys spp y Hamatopinus eurysternus.
Les
espèce concernées sont (Orsburn, 1994,Erasmus, 1990) :
C. fulvis
C. imicola
C. insignis
C. variipennis
C. wadai
C. actoni
C. brevitarsis
Seul
C. imicola est présent habituellement en Europe.
Moutons,
autres ruminants domestiques et sauvages. Maladie avec une forte mortalité
particulièrement chez les espèces ovines européennes (mérino).
Pendant
l'hiver, il peut exister un grand nombre d'animaux hôtes porteurs sains (caprins,
bovins et artiodactiles sylvestres ). Outre les ovins, les plus fréquemment
touchés avec les cervidés (cerfs), les caprins et bovins peuvent être rarement
contaminés.
Le
bovin, grand réservoir, peut garder le virus plus d'un an en absence de moustique.
Excepté chez les bovins, le virus ne se maintient pas plus de 120 jours. Quelques
cas exceptionnels de contamination de chiennes gravides auraient été signalées
(NDLR info Contreras non confirmée donc à considérer avec prudence ).
Famille
Reoviridae, genre Orbivirus. Il existe 24 sérotypes différents,
chacun ayant une virulence et une répartition propres. La ténacité du virus
de Bluetongue est forte, le virus est cependant sensible à l'acide. Le virus
peut persister un maximum de 30 jours, dans le "moustique".
Varie
suivant l'espèce/la race, la virulence de la souche et les facteurs exogènes
(lumière solaire). Le temps d'incubation est de 5 à 12 jours. La maladie débute
avec un état de fébrilité. L'inflammation des muqueuses et les lésions des
vaisseaux provoquent des hémorragies, la formation d'oedèmes, des cyanoses
au niveau de la bouche et de la langue (Bluetongue). Ulcères et nécroses de
la peau et des muqueuses de la bouche, des lèvres et des naseaux. Des oedèmes
sur les lèvres, les paupières et les oreilles sont caractéristiques; suivant
le degré de sévérité de l'infection, on observe un oedème submandibulaire.
On rencontre fréquemment une salivation écumeuse, un écoulement nasal muco-purulent
et des symptômes respiratoires. Une boîterie très prononcée est le résultat
d'une coronite et d'une fourbure. La maladie est mortelle dans la plupart
des cas, mais l'animal peut cependant guérir.
Endémique
dans les régions situées au 40°N et 35°S: zones au sud de l'Espagne et du
Portugal, Amérique du Nord, Centrale et du Sud, Afrique, Moyen-Orient, Asie
et Australie. La Bluetongue n'était pas présente en France jusqu'à l'apparition
de l'épidémie en Corse.
La
transmission est effectuée par des insectes (Culicoides spp.) Les bovins
peuvent être infectés de manière subclinique, et de ce fait représentent un
réservoir important du virus. Apparition saisonnière en été et en automne
(vol des "moustiques").
Un
diagnostic clinique seul est impossible. Confirmation par un laboratoire essentielle
(mise en évidence du virus, sérologie).
Le
diagnostic clinique
Forme
aiguë (ovins et certains cervidés)
Infection
inapparente
Lésions
Le
diagnostic biologique
Procédures
Isolement
de l'agent
Identification
de l'agent
Tests
sérologiques
Prélèvements
Isolement
et identification de l'agent
Tests
sérologiques
(source
OIE Web)
C'est
une maladie proche de la fièvre aphteuse, de l'ecthyma contagiosa, dermatose
ulcérative, variole du mouton, hémonchose aiguë avec laquelle des confusions
de diagnostics peuvent apparaître
La
vaccination (autovaccin) est une méthode soumise à autorisation et doit donner
lieu à l'identification précise des sérotypes (24 existent ). Il faut veiller
à maîtriser la prolifération de l'insecte vecteur. Il est recommandé de vacciner
quand les insectes ne sont pas actifs
Des
questions en suspens demeurent : les méthodes de détection du virus sont elles fiables? Il semble que la
réaction sérologique ELISA puisse interférer avec celle virus de la maladie
hémorragique epizootique.
Carcasse
entière d'un animal malade impropre à la consommation .
2)Prévention
et traitement
La fièvre catarrhale est une maladie appartenant à la liste A (OIE):
Liste
A : Maladies transmissibles qui ont un
grand pouvoir de diffusion et une gravité particulière, susceptibles de s'étendre
au-delà des frontières nationales, dont les conséquences socio-économiques
ou sanitaires sont graves et dont l'incidence sur le commerce international
des animaux et des produits d'origine animale est très importante.
Les
rapports concernant ces maladies sont adressés à l'OIE avec une périodicité
conforme aux dispositions des articles 1.2.0.2 et 1.2.0.3 du Code zoosanitaire
international.
Prophylaxie
sanitaire
Prophylaxie
médicale
Utilisation
d'un vaccin à virus vivant modifié. Les sérotypes incorporés dans le vaccin
doivent être identiques à ceux qui sont responsables de l'infection sur le
terrain.
3) Un constat général : la propagation alarmante des maladies animales
(source
FAO ; 2 octobre 2000)
Des
foyers de maladies mortelles du bétail sans précédent ont été signalés récemment
en Afrique, en Europe et au Moyen-Orient.
Selon l'avertissement lancé par la FAO, l'intensification du commerce international
d'animaux et de produits de l'élevage ainsi que des mouvements de populations
d'un pays à l'autre contribue à la propagation des maladies fortement infectieuses.
"Les
maladies animales transfrontalières continuent d'être une réelle menace",
affirme Mark Rweyemamu, Fonctionnaire principal de la Divison de la santé
animale de la FAO. "Aucun pays ne peut prétendre être à l'abri de ces
maladies. Avec la mondialisation croissante, les systèmes de surveillance
vétérinaire sont vitaux, tant pour détecter les maladies que pour maîtriser
les épizooties." Les services vétérinaires ne doivent pas être considérés
comme un luxe, souligne Rweyemamu, mais doivent recevoir un appui pour éviter
des catastrophes futures.
Une
série d'exemples inquiétants est là pour le prouver. En septembre, au Yémen
plus de 30 personnes seraient décédées des suites de la fièvre de la Vallée
du Rift, un virus transmis par les moustiques, mortel aussi bien pour l'homme
que pour les animaux. En Arabie saoudite également, dans la province de Jizan,
à la frontière du Yémen, au moins 33 personnes sont mortes de la maladie;
il s'agit du premier foyer connu hors Afrique.
"Il
est possible que le virus soit venu d'Afrique par des personnes ou des animaux
infectés", déclare Dr Rweyemamu. La FAO participe avec ses partenaires
à des missions d'urgence en Arabie saoudite et au Yémen pour aider à comprendre
et à maîtriser la poussée épidémique.
En
septembre, pour la première fois depuis 1956, des cas de fièvre aphteuse ont
été signalés dans la province de Kwa Zulu Natal en Afrique du Sud. Plus de
700 porcs et autres animaux ont été abattus, et les autorités vétérinaires
ont imposé de strictes mesures de quarantaine dans un rayon de 10 km. Pour
le moment, ces mesures semblent être parvenues à contenir la propagation de
cette maladie hautement infectieuse. Toutefois, la menace de restrictions
à l'exportation sur les produits agricoles locaux pourrait avoir de graves
conséquences économiques.
Les
enquêteurs soupçonnent le virus d'être entré dans le pays par des résidus
alimentaires obtenus de façon illicite d'un navire étranger passant au large
du port de Durban. La souche particulière du virus, type 0, n'a jamais été
observée auparavant en Afrique australe au sud du fleuve Zambeze.
Autres
exemples:
·
Cette année, la Bulgarie
et l'Italie ont signalé des attaques de fièvre catarrhale du mouton, une maladie
virale mortelle qui donne de la fièvre et provoque le gonflement de la langue
et de la face. La fièvre catarrhale n'avait jamais été diagnostiquée dans
ces pays auparavant.
4) Les pays touchés par la fièvre catarrhale
(Source
MFR-viandes)
"Si
l’apparition des premiers foyers de la maladie blue tongue (langue bleue)
remonte à un mois et cinq jours seulement, le nombre de têtes d’ovins
touchés depuis n’est pas insignifiant qu’on le pense, d’autant plus que le
virus signalé au début à l’extrême-est algérien s’est propagé dans les wilayas
du Centre
La
dernière victime a été enregistrée dans la localité de Beni Hbib (wilaya de
Jijel) avant-hier. Au total 7.797 têtes ont été touchées sur un cheptel effectif
de 80.321 ovins des huit wilayas.
Le premier cas de cette fièvre catarrhale du mouton a été signalé, en effet,
dans une localité d’El Tarf le 16 juillet 2000. Depuis le virus s’est repandu
dans plusieurs foyers de 24 communes de la wilaya. Il a atteint 2.661 têtes
sur un total de 21.175 ovins.
L’épidémie ne s’est pas arrêtée, elle s’est propagée comme une traînée de
poudre vers six wilayas de l’Est et jusqu’à atteindre le Centre (Jijel) en
un laps de temps relativement court. Les wilayas touchées sont Skikda avec
1.277 cas, Souk Ahras (430), Annaba (500), Guelma (2.871), Oum El-Bouaghi
(05}, Tébessa (35) et dernièrement Jijel avec 18 cas.
Sur l’origine de cette maladie dite virale, M. Messaoudi Brahim, sous-directeur
des haras au niveau de la direction des services vétérinaires (DSV) du ministère
de l’Agriculture nous dira que c’est une maladie très connue surtout en Afrique
australe, en Amérique latine et dans quelques pays de l’Asie. Son arrivée
en Algérie s’est effectuée à partir de la Tunisie où elle a été signalée,
il y a de cela 6 mois. Ce qui explique d’ailleurs sa concentration à l’est
du pays. Quant à la voie de transmission, le virus est arrivé à El Tarf par
le biais d’un insecte propagateur le moustique, le vecteur a été lui-même
emporté par les fortes tempêtes de vents qu’a connues l’extrême-est du pays
au début du mois précédent.
Depuis la confirmation des premiers foyers de blue tongue, un groupe de vétérinaires
et une équipe de l’Institut national de la protection des végétaux (INPV)
ont été dépêchés sur le terrain par le ministère. Armés de produits insecticides,
plusieurs camions de l’INPV ont sillonné toutes les zones infectées afin de
freiner la progression du virus. Les visites d’inspection des vétérinaires
se poursuivent toujours pour signaler toutes anomalies. L’équipe procède également
à l’abattage des têtes touchées et au nettoyage des étables et de l’entourage.
Cette mesure vise par ailleurs, selon M. Messaoudi, à calmer les esprits
des éleveurs de l’est pris de panique lors de l’apparition de la maladie.
La plupart d’entre eux ont refusé, d’ailleurs d’abattre leur cheptel, un fait
qui n’est pas alarmant d’après notre interlocuteur, puisque la maladie blue
tongue n’est pas contagieuse, et elle n’est d’aucun danger sur la santé de
la population en contact avec l’animal infecté.
Ainsi donc, les dernières statistiques élaborées par le ministère de l’Agriculture
n’ont enregistré qu’une soixantaine de têtes atteintes abattues sur les 7.797
cas.
Par ailleurs, si les sujets infectés n’ont pas été détruits totalement, c’est
parce qu’il y a des chances de guérison spontanée, selon M. Messaoudi, après
les 8 au 10 jours d’incubation, mais avec quelques séquelles telles la stérilité
et un retard de croissance chez l’animal concerné. Cependant, le taux de mortalité
des sujets malades est estimé à 1,6% "ce que vous devez savoir, c’est
qu’il n’existe aucun traitement ou vaccin spécifique au virus prélevé sur
les têtes atteintes", a précisé le sous-directeur de la DSV.
Le seul moyen de prévention contre la progression de l’épidémie reste donc
la désinfection et la désinsectation des foyers et localités touchés. Afin
d’éviter la propagation du virus à d’autres wilayas, le ministère de l’Agriculture
préconise aussi des visites d’inspection à travers le territoire national,
une opération qui se prolongera jusqu’à l’automne.
En
somme, M. Messaoudi estime que la situation n’est pas aussi alarmante et elle
s’est stabilisée grâce aux efforts des vétérinaires rappelés de leur congé.
Mais les mesures de précaution sont à prendre notamment en ces temps caniculaires."
auteur du rapport Hamida B"
Grèce:
alerte à la fièvre catarrhale
Athènes
18.07.2000 / AFP :
Dans le centre et le nord du pays, quatre départements grecs ont été placés
en quarantaine après l’apparition d’un cas de fièvre catarrhale, ou virus
de "la langue bleue", parmi le cheptel bovin, selon le Ministère
de l’Agriculture.
Aucun bovin, ovin, ni caprin, n’a le droit de sortir, ou de pénétrer dans
les départements de Larissa, Magnisias, Chalcidique et Kavala. Les services
sanitaires mènent des opérations d’épandages d’insecticides, car le virus
se transmet par les piqûres d’insectes.
Ces mesures ont été prises préventivement après que quelques cas eurent été
décelés depuis l’automne dernier.
1400 bovins ont déjà été abattus dans la région d’Evros, Nord-Est, pour faire
face à l’épidémie de fièvre aphteuse. Par ailleurs, des opérations d'abattage
de bovins ont été conduits dans le contexte de la lutte contre la fièvre aphteuse
dont la sérologie est proche.
Source
: MHR-Viandes - 19/07/00
(Source
OIE)
Date
du rapport : 15 mars 2000.
Depuis
l'apparition de la fièvre catarrhale du mouton en Bulgarie et jusqu'au 15
mars 2000, aucune naissance d'animal porteur d'anomalies congénitales due
à cette maladie n'a été signalée chez les espèces sensibles.
Au
cours de la première moitié du mois de mars 2000, la vaccination des ovins
a été appliquée dans les élevages atteints et dans les élevages situés dans
une zone de 10 km autour des foyers. Les animaux vaccinés ont été marqués
à l'oreille au moyen de boucles les identifiant individuellement, et leurs
déplacements dans le pays, et en particulier hors des régions de Bourgas,
Yambol, Hasskovo et Kardjali, ont été soumis à des restrictions.
| Région |
Nombre
d'animaux vaccinés |
| Burgas
|
17 851 |
| Haskovo
|
10 955 |
| Kardjali
|
5
763 |
| Yambol
|
18
295 |
| Total
|
52
864 |
Le
virus de la fièvre catarrhale du mouton n'a pas pu être isolé lors des analyses
virologiques qui ont été réalisées en février 2000 sur des prélèvements de
sang provenant de bovins des régions de Bourgas et de Yambol ayant présenté
des résultats positifs aux analyses sérologiques.
A
la date du 15 mars 2000, grâce à la persistance de basses températures hivernales,
aucun vol d'insectes culicoïdes n'a encore été signalé dans les élevages du
sud de la Bulgarie.
Compte
tenu du fait que la période hivernale dure plus de trois mois en Bulgarie
et que les plus récentes analyses virologiques réalisées sur des prélèvements
de sang ont fourni des résultats négatifs, on est en droit de penser que les
bovins, qui sont les animaux qui sont les hôtes du virus pendant la période
la plus longue, sont déjà indemnes du virus. En outre, dès le premier vol
de culicoïdes, le Service vétérinaire national prendra des mesures pour traiter
au moyen d'insecticides les animaux sensibles et les biotopes des culicoïdes,
afin de réduire la population d'hôtes du virus. Parallèlement, le Service
vétérinaire national maintiendra les mesures de surveillance du virus de la
fièvre catarrhale du mouton.
(Source
OIE+ Contreras )
(Date
du dernier foyer signalé précédemment : 1960).
Rapport
d'urgence
Traduction
de la synthèse de deux télécopies reçues les 6 et 13 octobre 2000 du Docteur
Quintiliano Pérez Bonilla, directeur général de l'élevage, ministère de l'agriculture,
de la pêche et de l'alimentation, Madrid :
Date
finale du rapport : 11 octobre 2000.
Nature
du diagnostic : clinique et de laboratoire.
Date
de la première constatation de la maladie : 9
octobre 2000.
Date
présumée de l'infection primaire : 29
septembre 2000.
Foyers
:
| Localisation |
Nombre
|
| Capdepera
(île de Majorque) |
1
|
Nombre
total d'animaux dans le foyer :
| espèce |
Sensibles
|
Cas
|
morts
|
Détruits
|
abattus
|
| Ovi
|
1
315 |
127
|
28
|
99
|
0
|
Diagnostic
:
A.
Laboratoire ayant effectué le diagnostic : Centre
de recherche en santé animale (Valdeolmos).
B.
Epreuves diagnostiques réalisées : PCR (amplification en chaîne par polymérase).
Epidémiologie
:
A.
Source de l'agent / origine de l'infection : recherche
en cours.
B.
Mode de diffusion de la maladie : vecteurs biologiques (Culicoides spp.).
C.
Autres renseignements épidémiologiques : la
maladie est localisée exclusivement aux îles Baléares. Ces territoires insulaires
sont isolés du reste de l'Espagne.
Mesures
de lutte durant la période objet du rapport : lutte
contre les vecteurs invertébrés ; abattage sanitaire partiel ; mise en interdit
des exploitations atteintes et contrôle des déplacements à l'intérieur du
pays ; vaccination interdite.
En
Catalogne, A la faculté vétérinaire de l'Université Autonome de
Bellaterra (Barcelone), le Cresa (Centre de Recerca en Sanitat Animal), le
département de santé animale et d'anatomie et le DARP ont organisé une table-ronde
sur le thème de la fièvre catharale. L'assistance a été convoquée de manière
ouverte pour informer les vétérinaires des GDS ovins et bovins à travers les
pharmacies. 2 vétérinaires des Baléares avaient été invités qui ont présenté
le développement de la maladie dans l' île.
Ont
participé Elvira Torre (Dep. Anatomia i Sanitat Animal
-Bellaterra), Jordi Casal (Dep. Anatomia i Sanitat Animal), Eduard Marques
(Centre de control de mosquits de l'Alt Emporda) et Ramon Jové (Servei de
SanitatAnimal - DARP). L'Objectif de cette information était d'alerter les
vétérinaires
ovins et bovins sur la possible apparition de la "langue bleue dans la
péninsule puis de discuter des moyens de contrôle possibles.
Un
troupeau de 50 vaches laitières seraient entrées à Castellon (Altura) fin
septembre depuis Majorque. Les analyses sont négatives mais les éleveurs restent
inquiets jusqu'à l'arrivée des premiers froids dans la mesure où le virus
est peu détectable précocement et où les symptômes n'apparaîtraient pas avant
60 jours.
(Source
OIE)
Le
rapport du 31 Août fait état du début de l'infestation.
Date
du rapport : 31 août 2000.
Nature
du diagnostic : clinique et de laboratoire.
Date
de la première constatation de la maladie : 18
août 2000.
Foyers
:
| Localisation |
Nombre
|
| île
de la Sardaigne |
71
|
Description
de l'effectif atteint : moutons
sardes (adultes et agneaux).
Nombre
total d'animaux dans les foyers :
| espèce |
sensibles
|
Cas
|
morts
|
Détruits
|
abattus
|
| Ovi
|
17
822 |
755
|
190
|
0
|
0
|
Diagnostic
:
A.
Laboratoire ayant effectué le diagnostic : Institut
zooprophylactique expérimental de Teramo.
B.
Epreuves diagnostiques réalisées : épreuves sérologiques (ELISA(1), immunodiffusion en
gélose), isolement du virus.
Mesures
de lutte durant la période objet du rapport : lutte
contre les insectes vecteurs, contrôle des déplacements d'animaux à l'intérieur
du pays, abattage sanitaire partiel et dépistage.
(1)
ELISA : méthode de dosage immuno-enzymatique.
Depuis
cette date, l'épidémie s'est propagée avec plus de 110 000 animaux décédés.
Le sérotype 2 a été identifié. La mise en place de vaccins (et leur opportunité)
est toujours discutée compte tenu du risque d'interdiction de vente en vif
des animaux vaccinés. Il faudrait de 6 mois à 2 ans pour préparer les 3 millions
de doses.
En
Octobre, quelques cas seraient identifiés en Calabre
f)
En Tunisie
(Source
OIE)
Terme
du rapport précédent : 7 février 2000 (voir Informations sanitaires, 13 [6],
21, du 11 février 2000).
Terme
du présent rapport : 18 septembre 2000.
Après
une accalmie durant les cinq premiers mois de l'année 2000 (période au cours
de laquelle aucun foyer n'a été constaté en raison des conditions climatiques
défavorables aux vecteurs), la fièvre catarrhale du mouton, sous sa forme
clinique, est réapparue depuis juin 2000. Les symptômes et les lésions observés
ont été moins accentués que ceux constatés à la fin de 1999 et les taux de
morbidité, de mortalité et de létalité ont été beaucoup plus faibles.
Localisation
des nouveaux foyers : durant la période couverte par ce rapport, 65 foyers
ont été observés, dans les 10 gouvernorats suivants :
-
Ariana
-
Béja
-
Ben Arous
-
Jendouba
-
Kairouan
-
Le Kef
-
Nabeul
-
Sfax
-
Sidi Bouzid
-
Sousse.
Nombre
total d'animaux dans les nouveaux foyers :
| espèce |
sensibles
|
Cas
|
morts
|
détruits
|
abattus
|
| Ovi
|
121
024 |
6
110 |
1
318 |
...
|
...
|
Mesures
de lutte durant la période ayant fait l'objet du rapport :
·
Un dispositif de lutte antivectorielle
au niveau des gîtes, consistant en des désinsectisations réalisées par voie
aérienne, a été mis en place en juin et juillet 2000 dans les gouvernorats
du Centre. Les traitements ont été principalement appliqués dans les oueds,
les zones marécageuses et au fond des vallées.
-
Une première campagne de vaccination des ovins à l'aide d'un vaccin à virus
vivant atténué monovalent (type 2) a démarré le 30 août 2000 et s'achèvera
probablement à la mi-octobre. Un stock de 1 400 000 doses de vaccin a été
acquis pour les besoins de cette campagne, qui est ciblée sur les troupeaux
ovins situés autour des foyers. Cette vaccination périfocale sera complétée
par une seconde campagne, plus large, qui se déroulera en février et mars
2001 (période durant laquelle la grande majorité des brebis ne sont pas en
gestation), ce qui permettra de réduire au minimum les risques post-vaccinaux
d'avortement et de malformations congénitales. Un protocole d'évaluation de
la vaccination a été mis au point : il est en cours de réalisation dans les
troupeaux ovins choisis dans différentes régions du pays.
(Source
OIE)
(Date
du dernier foyer signalé précédemment : novembre 1999).
Extrait
du rapport mensuel de la Turquie portant sur août 2000, reçu le 14 septembre
2000 du Docteur Hüseyin Sungur, directeur général du service de protection
animale, ministère de l'agriculture et des affaires rurales, Ankara :
Période
couverte par le rapport : août
2000.
Foyers
:
| Localisation |
Nombre
|
| Izmir
|
2
|
Nombre
total d'animaux dans les foyers :
| espèce |
sensibles
|
cas
|
morts
|
détruits
|
abattus
|
| Ovi
|
601
|
22
|
8
|
...
|
...
|
Afin
d'empêcher l'introduction au Canada du virus de la fièvre catarrhale dans
les vaccins destinés aux ruminants, la Section des produits biologiques
vétérinaires impose aux fabricants étrangers de soumettre à une épreuve d'exclusion
du virus de la fièvre catarrhale du mouton tous les vaccins à virus vivants
à base de sérum de bovin ou d'autres ruminants, ou produits sur cellules primaires
de bovin ou d'autres ruminants.
À
la lumière de l'expérience acquise sur le terrain avec la maladie et des résultats
des études en laboratoire, on comprend mieux à présent la pathogénicité, la
résistance et l'immunologie du virus.
1.
L'irradiation aux rayons gamma est une méthode jugée satisfaisante pour éliminer
le virus de la fièvre catarrhale du sérum de bovin ou d'autres ruminants.
La dose de traitement reconnue ne doit pas être inférieure à 1,5 - 2 mégarads
d'irradiation du sérum congelé (-20o C) aux rayons gamma.
2.
L'épreuve d'exclusion a été abandonnée pour tous les vaccins à virus vivants
lorsque le milieu de culture contient du sérum irradié aux rayons gamma, exception
faite des vaccins destinés aux ruminants et des vaccins produits sur des
cellules primaires de bovin ou d'autres ruminants.
3.
L'épreuve d'exclusion reste obligatoire pour tous les vaccins à virus vivants
destinés aux ruminants lorsque le milieu de culture contient du sérum de ruminant
non irradié ou lorsque le vaccin est produit sur des cellules primaires
de ruminant.
4.
L'épreuve d'exclusion du virus de la fièvre catarrhale du mouton mentionnée
ci-haut pourrait être mise de coté pour les produits biologiques vétérinaires
si les fabricants utilisent des systèmes d'assurance de la qualité pour prévenir
la contamination par le virus de la fièvre catarrhale du mouton. Les épreuves
de contrôle de la qualité assurances doivent être documentées dans un protocole
de production approuvé. Chaque demande d'exemption sera révisée et approuvée
de façon individuelle.
Les
fabricants auront le choix entre les deux options suivantes lorsque les vaccins
sont produits à partir de sérum non irradié ou sur des cellules primaires
de ruminant (voir pièce jointe).
a)
Effectuer la présente épreuve de passage sur oeuf embryonné de poulet sur
le produit final.
b)
Effectuer l'épreuve de séroconversion chez le mouton sur le produit final,
sur les cellules primaires de bovins ou d'autres ruminants et sur le sérum
en vrac de bovin ou d'autres ruminants.
L'épreuve
d'exclusion n'est pas nécessaire dans le cas des lignées cellulaires établies.
Si
le fabricant choisit de mettre à l'épreuve le sérum en vrac ou les cellules
primaires au lieu du produit final, il doit mettre à l'épreuve tous les sérums
et toutes les cellules primaires de ruminant qu'il utilise dans son établissement,
ce qui inclut également le sérum et les cellules utilisées dans les laboratoires
de recherche ou de contrôle de la qualité.
Si
le fabricant choisit d'utiliser du sérum déjà irradié pour la production de
vaccin, il faut que l'ensemble du sérum de bovin ou de ruminant servant dans
son établissement ait été irradié. Il faudra procéder à des vérifications
des méthodes de production afin de déceler toute modification éventuelle.
5) Des informations sur le moustique vecteur de la maladie :
Insectes
Diptères Cératopogonidés = cératopogonides
Les
cératopogonides sont de petits Diptères Nématocères ressemblant à de petits
moustiques. Leur importance vectorielle est souvent méconnue, elle est toutefois
assez faible dans nos régions. On s'y intéresse plus volontiers pour la nuisance
qu'ils engendrent chez l'Homme ou pour leur pouvoir pathogène direct : chez
le Cheval en particulier, ils sont responsables par leur salive allergisante
de la dermite estivale récidivante.
La
Famille des Ceratopogonidae comprend 78 genres et sous-genres, regroupant
environ 3900 espèces. Seuls 4 genres sont hématophages : le seul genre d'intérêt
vétérinaire ou médical est Culicoides, réparti dans le monde
entier, comportant environ 1000 espèces.

Le
cycle évolutif de ces insectes est assez mal connu.
Les
Culicoides sont des insectes hématophages, se nourrissant pour la plupart
aux dépends de mammifères ou d'oiseaux. Les adultes sont mauvais voiliers
: leur dispersion est généralement faible, de l'ordre de 500 m, pouvant aller
jusqu'à 4 km (Culicoides variipennis). Le vent peut toutefois favoriser
des déplacements beaucoup plus importants, de l'ordre de plusieurs centaines
de kilomètres.
Seule
la femelle a un régime hématophage, le sang étant nécessaire pour assurer
ses cycles gonotrophiques (sauf pour quelques espèces autogènes). Les cératopogonides
sont telmophages, pratiquant le "pool-feeding", ce qui permet
le prélèvement d'agents pathogènes présents dans le sang ou dans le derme
de l'hôte. En dehors de ses repas sanguins, la femelle peut survivre avec
un régime floricole. Les mâles sont quant à eux exclusivement floricoles.
Le
rythme d'agressivité des Culicoides est généralement crépusculaire
et/ou nocturne, mais certaines espèces sont diurnes.
Les
préférences trophiques sont variables : certaines espèces ont une préférence
forte pour certains hôtes, alors que d'autres sont plus ubiquistes.
Après
accouplement et repas sanguin, la femelle pond au niveau des gîtes larvaires
un chapelet d'une soixantaine d'œufs environ. Au cours de sa vie, la femelle
peut avoir 3 ou 4 cycles gonotrophiques, avec une fécondité allant jusqu'à
450 œufs.
Les
œufs, de couleur sombre, sont allongés et mesurent 0,3 à 0,5 mm de longueur.
Ils sont parfois ornementés de poils ou de spicules. Ils éclosent au bout
de 2 à 15 jours, libérant une larve. Les œufs peuvent hiberner 7 à 9 mois
en conditions défavorables.
La
phase larvaire, passant par 4 stades, est aquatique ou semi aquatique.
Les larves sont mobiles et se nourrissent de micro-organismes et de débrits
végétaux. Les gîtes larvaires sont très variés selon les espèces : collections
peu profondes d'eaux douces, saumâtres ou salées, zones humides riches en
matières organiques (creux d'arbres, trous de crabes, végétaux en décomposition,
excréments d'herbivores...). Cette phase larvaire dure de 2 semaines en pays
tropicaux à 7 mois ou plus en pays tempérés (hibernation).
Le
stade nymphal dure 2 à 10 jours. La nymphe est peu mobile, ne se nourrit pas
et respire en surface de l'eau par 2 cornes respiratoires.
Chronologie
:
·
Incubation de l’œuf : 2-15 j (7 à 9 mois si
hypobiose)
L'importance
vétérinaire que l'on accorde aux cératopogonides est essentiellement liée
à leur rôle pathogène direct : leur piqûre est allergisante, pouvant provoquer
des dermites par hypersensibilité chez le Cheval (dermite - ou dermatite -
estivale récidivante).
Toutefois,
à l'échelle mondiale, les Cératopogonidés sont également d'importants vecteurs
biologiques, principalement d'arbovirus.
·
Transmission d'arbovirus
Nous
n'en citerons que les principaux :
-
Fièvre catarrhale du Mouton (Bluetongue)
Cette
maladie très grave économiquement connait pour seuls vecteurs des cératopogonides
du genre Culicoides : notamment C. variipennis Aux Etats-Unis,
C. pallidipennis et C. milnei en Afrique, et C. imicola
dans le bassin méditerranéen.
-
Peste équine (African Horsesickness)
Très
importante économiquement, elle est transmise par des Culicoides, en
Afrique, au Proche et au Moyen-Orient, au Pakistan et en Inde.
-
Fièvre éphémère des Bovins (Bovine Ephemeral Fiever)
Transmise
par des Culicoides, en Afrique et en Australie.
-
Maladie hémorragique épizootique du Cerf (Epizootic Haemorrhagic Disease)
Transmise
par des Culicoides, en Amérique, en Afrique et en Australie.
·
Transmission de filaires
-
Onchocercoses équines
dues
à Onchocerca cervicalis (onchocercose du ligament cervical) et Onchocerca
reticulata (onchocercose du ligament suspenseur du boulet), transmises
par des Culicoides.
-
Onchocercose ligamenteuse bovine
due
à Onchocerca gutturosa, transmise par des Culicoides dans de
nombreuses régions du monde. Des simulies peuvent également être incriminées.
·
Transmission de protozoaires
Quelques
hémoprotozoaires de singes ou d'oiseaux peuvent être transmis par des Cératopogonidés.
Ils ne constituent toutefois pas les seuls vecteurs pour ces agents.
Outre
leur rôle de nuisance parfois important, les Cératopogonidés sont incriminés
dans la transmission de quelques filaires humaines peu ou pas pathogènes.
Ces filaires appartiennent au genre Mansonella sp. ou Dipetalonema
sp.
Les
larves et les nymphes de cératopogonides sont récoltées par prélèvement de
vase, de sable ou de terre humide des gîtes. Par dilution et décantation,
on met en évidence dans le surnageant ces formes pré-imaginales. On peut aussi
les laisser émerger en adultes.
Les
adultes sont capturés soit sur appât humain ou animal, soit par des pièges
lumineux ou des cages d'émergence.
Méthodes
de lutte contre les Cératopogonidés
On
peut agir sur les stades pré-imaginaux ou sur la forme adulte.
Pour
les formes larvaires ou nymphales, le mieux est de modifier le biotope pour
le rendre impropre à l'évolution de l'insecte (lutte physique). C'est ainsi
que l'on peut assécher ou au contraire immerger un gîte semi-aquatique. On
peut aussi jouer sur la salinité, en déversant de l'eau douce ou en endiguant
un marais côtier par exemple. Pour les espèces se développant dans les végétaux
en décomposition (troncs de bananiers en particulier), il convient de supprimer
ces réceptacles. La lutte chimique dans les gîtes larvaires ne doit être envisagée
que si cette lutte physique n'est pas réalisable.
Pour
lutter contre les imagos, la pulvérisation d'insecticides renouvelée fréquemment
donne de bons résultats. Pour la protection individuelle humaine, on peut
imprégner les moustiquaires de fenêtres de DDT (les insectes sont petits et
passent au travers d'une moustiquaire non imprégnée : cf. phlébotomes). S'enduire
de répulsifs est une autre solution.