Des références technico –
économiques sur les systèmes de production caprine dans les régions
montagneuses d’Andalousie
Une enquête technico-économique a été réalisée dans les
montagnes au nord de Cadix, de juillet 2002 à décembre 2003 dans le cadre de
l’Observatoire ovin caprin du réseau FAO/CIHEAM sur les systèmes de production.
28 élevages adhérents à la coopérative laitière de la zone (Nuestra Señora de
Olivera), et caractéristiques de la zone, ont été enquêtés. Cette enquête
réalisée en coordination entre une équipe française et espagnole,a utilisé une
sélection d’indicateurs définis dans le recueil élaboré par l’Observatoire. Une
telle approche permet de comparer les résultats avec ceux déjà produits par l’Observatoire.
(http://www.cirval.asso.fr/publication/observatoire/obs00/index.htm)
Des données précises pour caractériser les systèmes de production caprins de la zone
L’enquête permet de disposer d’informations
précises sur la diversité des élevages caprins et des systèmes de production de
la zone. Les élevages sont généralement spécialisés mais 9 élevages sur 25 ont
un troupeau bovin, 9 un troupeau ovin, 4 d’entre eux élevant les 3
espèces. Certains élèvent également des porcs extensifs «coureurs». Il existe
aussi une grande variabilité au niveau des surfaces fourragères. Le plus grand
nombre d’élevages (14/25) utilisent une superficie supérieure à 50 ha en
majorité des parcours de prairies naturels mais 2 élevages enquêtés sont de
fait des élevages hors–sols. Les cultures fourragères sont généralement
réduites (7/25 cultivent plus de 10 ha) et un grand nombre d’élevages (9/25) n’a
aucune assise foncière en propriété. L’élevage caprin dans la région est donc
un utilisateur des espaces naturels mais on note une tendance à l’élevage sans
base territoriale.
Dans 9 cas sur 25, la production moyenne par
chèvre est inférieure à 350 litres et, dans 3 cas sur 25, supérieure à 500
l/chèvre par lactation. Ces performances et les caractéristiques des systèmes
fourragers permettent de considérer que les systèmes extensifs et semi-extensifs
sont dominants avec une tendance à l’intensification de l’alimentation et de la
productivité laitière. La variabilité génétique des troupeaux est élevée avec
un cheptel majoritairement de race locale Payoya mais aussi avec introduction
d’animaux de race Murciana Granadina ou Malagueña, quelques troupeaux, plus
orientés vers la viande étant de race Serrana. dominante d Ceci est
particulièrement net en ce qui concerne l’utilisation des concentrés, la
moyenne de distribution de concentrés étant de 374 kg /chèvre qui ramenée au
litre de lait correspond à 976 g/litre ce qui est très élevé dans tous les
élevages sauf dans un cas.
Une grande variabilité dans les performances technico-économiques.
Tous les élevages sont des élevages familiaux avec
une main d’œuvre salariée très limitée. On observe d’assez grands écarts dans
la maîtrise sanitaire de l’élevage des cabris, les taux de mortalité variant
entre 0 et 30 %, ce qui est d’ailleurs assez semblable à ce qu’on on observe
dans d’autres systèmes. La maîtrise dans la conduite de l’alimentation est
également très diverse la production de lait « sans concentrés »
variant de 36 à 315 litres de lait dans un rapport de 1 à 10.
Les écarts de qualité biochimiques des lait sont
faibles pour une moyenne de 5,04 g/l de Matière grasse et 3,64 de matière
protéique. La matière sèche utile totale du lait est élevée (8,68 g/litre)
comparativement aux systèmes caprins intensifs comme le système français.
Par contre, la qualité hygiénique des lait parait
poser un problème par rapport aux normes européennes en vigueur. La charge
microbienne des laits moyenne est supérieure à 627 000 bactéries/l, avec
seulement 6 élevages sur 25 inférieurs à 500 000 germes. De même, le
comptage des cellules somatiques moyen est très élevé (1,975 million/litre)
dans tous les élevages.
Résumé des principaux résultats technico-économiques.
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Moyenne
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minimum
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maximum
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Structure des élevages
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Surface utilisée par les caprins (ha)
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202
|
1
|
850
|
|
Surface en propriétés (ha)
|
19
|
0
|
90
|
|
Surface fourragère (ha)
|
9
|
0
|
90
|
|
Main d’œuvre totale
|
1,7
|
1
|
3,3
|
|
Chèvres présentes
|
241
|
65
|
900
|
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Performances techniques
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Mortalité/cabri (%)
|
10
|
0
|
30
|
|
Taux de renouvellement (%)
|
33
|
11
|
108
|
|
Lait produit/chèvre (l)
|
378
|
234
|
534
|
|
Lait vendu par chèvre (l)
|
295
|
175
|
433
|
|
Concentré
kg/l produit
kg/chèvre
|
0,976
374
|
0,399
111
|
1,710
826
|
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Résultats économiques
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|
Coût du concentré
€/litre produit
€/chèvre
|
0,184
70
|
0,086
24
|
0,233
152
|
|
Charges opérationnelles
€/chèvre
|
88
|
30
|
167
|
|
Prix du lait (€/litre)
|
0,475
|
0,423
|
0,539
|
|
Produit lait (€/chèvre)
|
139
|
88
|
201
|
|
Marge brute
€/chèvre
€/litre
|
118
0,411
|
36
0,226
|
178
0,593
|
|
Marge nette
€/travailleur
€/chèvre
€/litre
|
15459
112
0,387
|
6054
23
0,214
|
33476
164
0,569
|
Le prix du lait moyen est de 0,475 Euros en 2002,
légèrement supérieur aux prix moyens pratiqués en Espagne. Ramené à la qualité
du lait, le prix du gramme de MSU (0,05 Euros/g) est très inférieur au prix du
lait de chèvre en France, par exemple, et légèrement supérieur au prix du lait
de vache. Les écarts de prix maximum sont de l’ordre de 25 % ce qui indique à
la fois des différences de qualité du lait et dans la négociation du prix du
lait, 10 producteurs se sont regroupés pour négocier leur prix.
On observe ainsi de grandes différences dans les
performances économiques, les marges nettes par travailleur ou par litre de
lait variant dans un rapport de 1 à 5. Ces chiffres confirment également que ce
n’est pas la nature du système de production qui détermine la performance
économique mais sa maîtrise technique.
Conclusion : des références locales à développer
Ces résultats sont la première étape d’une
démarche qui viserait à mettre en place un réseau de référence européen sur les
systèmes de production caprine. Le référentiel obtenu qui pourrait être étendu
à d’autres régions d’Andalousie et d’Espagne, permet de disposer d’informations
indispensables pour l’aide au conseil technique.
Cette étude a mobilisé une équipe et des
financements français et espagnols. Les moyens engagés en 2002 et 2003 ont été
d’environ 3000 euros financés par les institutions universitaires et de recherche
(Université de Séville, UMR–INRA/INAPG 791), par la Coopérative d’OLVERA, et
par le CIHEAM. Ces indications peuvent également être utiles au programme
d’autres actions de collecte de référence.
La publication de l’ensemble des résultats de
l’enquête sera réalisée dans le cadre de l’Observatoire du réseau FAO/CIHEAM.
JPD d’après l’étude animée par Jose Maria Castel Genis, Avec Yolanda
Mena, Francisco Caravaca, Juan Francisco Castro, Miguel García,
Salvador Sánchez, juan Pedro Casa en Espagne, Gilbert Toussaint
avec l’appui de Nicole Bossis (Institut de l’élevage)
en France.