Observatoire ovin caprin : L'Espagne

 

 

Situation et Evolution des systemes ovins et caprins en Espagne

 

Les 27èmes journées scientifiques de la Société espagnole des éleveurs ovins et caprins (SEOC) se sont déroulées à Valencia du 18 au 21 septembre dernier. La précédente rencontre avait lieu également en septembre à Sevilla (Andalousie) en 2001. Les actes de ces rencontres viennent d'être publiées dans un ouvrage contenant plus de 150 communications et posters.  La session "économie et gestion" a fourni des références précises sur l'évolution de l'élevage dans plusieurs régions d'Espagne dont nous rendons compte ici.

 

 

La Province de Soria ( Castilla) comptait en 2000, 1079 élevages ovins. 54% d'entre elles avaient moins de 400 brebis (pour 20% du cheptel) et 6% plus de 600 brebis. On a assisté à une diminution accélérée du nombre d'élevages de 1994 à 2000 ( - 26,34%) surtout due à la disparition des petits élevages de moins de 400 brebis ( - 45,7%) alors que le nombre d'élevages de plus de 400 têtes augmentait et que le cheptel total croissait de 6,27%   ( 457 437 brebis). Les auteurs[1] considèrent que cette évolution a conduit à une amélioration structurelle significative des élevages. Cette augmentation a toutefois été inférieure à la moyenne nationale. Une enquête réalisée auprès de 232 élevages montre que tous les élevages ne correspondent pas à une exploitation de Surface agricole dans la mesure où on recense seulement 173 exploitations pour 232 élevages enquêtés. 18,5 % des exploitations ont de la main d'œuvre salariée mais le problème  principal reste l'âge élevé des propriétaires de troupeaux qui supérieur à 60 ans pour 36 % d'entre eux en 2000 ( contre 1 7% en 1994), 14% de 30 à 40 ans et aucun éleveurs de Moins de 30 ans (contre 7 % en 1994)

     

Une enquête[2] réalisée auprès de 174 élevages de production de viande d'Extremadura[3] (Province de Caceres) met en évidence la présence dans les élevages d'animaux de 16 races ovines appartenant au groupe  Merinos (57 % des mâles) ou  au groupe Entrefino (27 %), avec un grand nombre de populations croisées (15 %) ou d'autres races extérieures, Awassi, Assaf, Romanov ou Suffolk  (1,1 %).   Les troupeaux de races Merinos sont les plus importants (357,2 brebis en moyenne) avec une prolificité par troupeau de 1,04 pour les mérinos à 1,15 pour les animaux croisés. L'enquête n'a pas mis en évidence les raisons qui poussent un assez grand nombre d'éleveurs à pratiquer le croisement. L'évolution relative des systèmes de production ovin viande en Aragon par rapport au reste de l'Espagne est analysée à partir des données comptables nationales d'ailleurs peu précises.

Malgré des différences d'intensité d'une région à l'autre on observe en Aragon comme dans le reste de l'Espagne, les mêmes tendances structurelles[4]. L'extensification de l'utilisation des surfaces se manifeste par une augmentation significative de la SAU relativement plus importante (indices 139 et 242 en 1997 en Aragon et en Espagne respectivement par rapport à 1987) que l'augmentation du cheptel (indices 119 et 117 respectivement). A l'inverse l'intensification du travail a été très forte avec une forte diminution de la main d'œuvre dans les élevages ( indices 69 et 89). Les auteurs retiennent donc les effets de l'application de la PAC au secteur ovin en Aragon  et en Espagne, une tendance lourde à l'intensification du capital travail à une extensification du capital foncier. Le capital d'exploitation a globalement diminué en Aragon alors qu'il s'est accru dans les mêmes proportions que la taille du cheptel, en moyenne dans l'ensemble de l'Espagne.

 

La rentabilité économique des élevages ovins laitiers est analysée et Gipuzkoa (Pays Basque) et Castilla y León[5]. Des enquêtes comparables réalisées en Andalousie dans des systèmes caprins laitiers permettent de disposer également de quelques références pour des élevages sélectionneurs dans la Province de Cordoba[6] (voir tableau ci dessous reconstitué). 

 

 

 

Pais vasco fermiers

Pais vasco

V. directe

Pais vasco Livreurs

Castilla y L.

Livreurs

Cordoba

Eleveurs de chèvre livreurs

Nombre d'élevages

18

4

5

45

7

Nombre de brebis ou de chèvres

343

505

333

370

172

Lait/brebis ou chèvres(l)

74,4

91,5

52,1

180

409

Lait/élevage (l)

24350

40467

16893

66 600

70 348

Prix du lait vendu (E/litre)

1,20

1,21

0,86

0,75

0,53

UTA (Unités de travail)

1,65

2,88

1,55

1,8

0,75

Produit brut/brebis ou chèvre  (E)

161

151

94,9

218

257

Charges variables/brebis ou chèvre  (E)

53

61,9

46,9

91,3

152

Marge brute/brebis ou chèvre (E)

108,5

89,7

48,0

127,16

105

Marge nette/brebis  ou chèvre (E)

53,3

43,7

9,08

88,6

111,6

Marge nette/UTA hors subventions (E)

11079

7662

1950

18212

25 604

Données 2000.

 

Malgré le faible nombre d'élevages comparés et la grande diversité des situations que les moyennes ne prennent pas toujours en compte, on observe l'impact positif de l'introduction de races étrangères plus productives (Assaf en Castilla) sur la rentabilité immédiate des élevages  malgré une plus faible valorisation du lait et un impact important des subventions.

 

La mise en place d'un réseau harmonisé de références sur les différents systèmes constituerait une aide à la décision précieuse pour les éleveurs et leurs services d'assistance technique.

 

During the 27th scientific meeting of the National Spanish Society of sheep and goat production, a session has been dedicated on "Economics and farm management". The compilation of available data has shown that the diversity of economic results does not depend linearly on the animal levels of production. The general tendency in the sheep and goat sectors is the increase of flock size and mechanisation with a decline of the number of breeders (extensification of land use and intensification of labour).

The organisation of a national network of references farms could help usefully ther breeders and their organisations.   



[1] Asenjp, B. et al.; Ciria, J. et al. ; ganado ovino en la Provincia de Soria, II et III; pp 419-436

[2] Aparicio Tovar, M.A. , Vargas Girardo, J.D., las razas y Los parametros productivos en las explotaciones de ganado ocvino de la Provincia de Cáceres. pp 411-417.

[3] L'Extremadura compte 3 millions de brebis pour une production annuelle de 136 000 agneaux abattus et une valeurs ajoutée (lait viande et peaux) représentant 25% de la valeur ajoutée animale de la région.

[4] Chertoui, T., Manrique, E., Olaizola, A., diferencias en la evolucion de las estructuras y sistemas productivos de explotaciones aragonesas y españolas, pp. 437-442

[5] Garresta, M. y al., Análisis de los resultados técnico-económicos de las explotaciones de ovino des leche en el territorio histórico de Gipuzkoa en el año 2000. pp 451-463

Rodríguez Ruiz, L. y al. gestión técnicoeconómica en explotaciones de ovino de leche en Castilla y León , I et II

 pp 476-490

[6] Sanchez Rodriguez , M. et al. parámetros técnicoeconómicos de Las explotacoines de caprino lechero de Capricovap, pp. 491-504